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Histoire de la région

Le territoire de la MRC de Roussillon est riche de son patrimoine. Son passé a façonné ses paysages, forgé son identité et laissé de nombreux témoignages sous forme de bâtiments anciens, de documents d’archive et de vestiges archéologiques. Ils permettent d’esquisser le portrait de la région, de ses origines à aujourd’hui.

Un paysage qui se façonne

15 000 ans - 5 000 ans avant aujourd’hui

Successivement ensevelie sous les glaciers, la mer de Champlain puis le lac Lampsilis, la région de Roussillon se façonne progressivement au fil des millénaires avant de prendre la forme qu’on lui connaît aujourd’hui.

C’est la partie sud de la région qui, la première, émerge des eaux il y a plus de 8 000 ans. Si aucune trace matérielle de cette première présence n’a encore été mise au jour, les archéologues estiment tout de même qu’il est fort probable que des peuplades parcouraient certaines portions des territoires actuels de Saint-Mathieu et Saint-Philippe dès cette époque.

Un paysage qui se façonne

Mer de Champlain, Wikimédia Commons

Une présence plusieurs fois millénaire

5 000 ans avant aujourd’hui - 1600

La formation du fleuve Saint-Laurent, il y a 7 500 ans, favorise une intensification de la présence humaine sur le territoire. Forte de son vaste réseau hydrographique, la région devient un lieu de passage d’importance pour les populations amérindiennes qui y pratiquent la pêche, la chasse et le commerce. Ces activités ont laissé des traces archéologiques qui permettent aujourd’hui de lever le voile sur plusieurs aspects d’une histoire plusieurs fois millénaire.

Une présence plusieurs fois millénaire

Tessons de vases amérindiens, Musée d’archéologie de Roussillon

Voyage de Champlain

1611

En 1611, Samuel de Champlain est le premier Européen à mentionner la région dans ses écrits. Il décrit la rivière Saint-Jacques comme « fort plaisante, y ayant plus de trois lieues de circuits de prairie, et force terre, qui se peuvent labourer ». En reconnaissant le potentiel agricole de ces terres, Champlain pose le premier jalon de la colonisation qui débutera un demi-siècle plus tard. Le nom de la Ville de La Prairie fait d’ailleurs écho à ce récit du père de la Nouvelle-France.

Voyage de Champlain

La Grand Sault Saint-Louis, Bibliothèque et Archives Canada

Les premiers établissements

1667 - 1701

Comme il était d’usage en Nouvelle-France, le territoire de Roussillon se développe suivant le modèle de la seigneurie. Les dates de fondation sont toutefois trompeuses pour rendre compte de l’occupation du territoire roussillonnais. Par exemple, le fief seigneurial de Châteauguay concédé à Charles LeMoyne et Jacques Leber en 1673 puis vendu à Zacharie Robutel de Lanoue en 1706, ne compte en 1724 que 26 censitaires. Quant à la seigneurie de La-Prairie-de-la-Magdeleine, concédée aux Jésuites dès 1647, elle demeure inhabitée durant 20 ans en raison des conflits qui opposent alors Amérindiens et Français.

L’occupation eurocanadienne du territoire de la MRC débute véritablement en 1667. Les Jésuites fondent alors une mission destinée aux Amérindiens convertis et concèdent les premières terres aux censitaires. L’augmentation du nombre de colons français, les tensions provoquées par le trafic d’alcool et l’épuisement du sol qui résulte de la culture du maïs par les Amérindiens amènent quatre relocalisations de la mission qui s’installe quelque temps sur le territoire actuel de Sainte-Catherine avant de s’établir sur l’actuel territoire de Kahnawake en 1716.

Les premiers établissements

Illustration du jésuite Claude Chauchetière

La colonisation s’étend

1701 - 1760

Avec l’accroissement démographique, le territoire se peuple en longeant les cours d’eau. De 1680 à 1750, la colonisation atteint les territoires actuels de Candiac, Châteauguay, Delson, Saint-Constant, Sainte-Catherine et Saint-Philippe. L’histoire de ces municipalités est donc souvent plus ancienne que ne le laisse croire leur date de fondation! L’agriculture occupe dès lors une place d’importance pour l’économie régionale, place qu’elle occupe encore aujourd’hui. Outre l’agriculture, le commerce des fourrures, dont la pratique licite ou illicite bénéficie de la position stratégique de la région, marque l’histoire régionale.

La colonisation s’étend

Musée d'archéologie de Roussillon

Les conflits coloniaux

1667 - 1775

Si la position géographique de la région favorise le développement du commerce, elle la rend également vulnérable aux attaques et aux invasions. En août 1691, La Prairie est le théâtre d’un affrontement qui oppose les armées britannique et française ainsi que leurs alliés amérindiens respectifs. Les troupes françaises repoussent les troupes ennemies, évitant possiblement la prise de Montréal par les Britanniques.

Lors de la guerre de conquête en 1760, le régiment Royal-Roussillon fait de la région son quartier d’hiver, un fait dont la toponymie de la MRC conserve aujourd’hui la mémoire. En 1775, dans la foulée de la guerre d’indépendance américaine, les insurgés des 13 colonies qui cherchent à s’affranchir du joug britannique prennent possession de La Prairie dans le but d’envahir Montréal. La riposte britannique pour la reprise de la métropole s’organise l’année suivante à Châteauguay.

Les conflits coloniaux

Madeleine fermant la porte pendant que les Iroquois attaquent le fort de Verchères en 1692, Charles William Jefferys, Bibliothèque et Archives Canada

La guerre de 1812

1812 - 1814

La présence militaire britannique se fait aussi sentir lors de la guerre de 1812. Un complexe militaire est construit près de l’emplacement actuel de l’école secondaire de La Magdeleine à La Prairie. Si le plus haut fait d’armes de ce conflit se déroule en 1813 à Howick, à une trentaine de kilomètres au sud-est de Châteauguay, de nombreux miliciens roussillonnais prennent part à cet affrontement connu aujourd’hui sous le nom de la bataille de la Châteauguay.

La guerre de 1812

Bataille de la Châteauguay, 1813. Henry Julien, Bibliothèque et Archives Canada

Les rébellions des patriotes

1837 - 1838

Lors des rébellions patriotes de 1837 et 1838, d’importants rassemblements se tiennent à Saint-Constant et à Châteauguay. Le mouvement insurrectionnel trouve des sympathies chez de nombreux habitants de la région et marque l’imaginaire collectif de manière durable. Plusieurs lieux commémoratifs, comme la Maison LePailleur, évoquent encore la mémoire de cet épisode historique.

Les rébellions des patriotes

Les Insurgés à Beauharnois. Katherine Jane Ellice, Bibliothèque et Archives Canada

En route vers l’industrialisation

1820 - 1880

Déjà intégrée à un vaste réseau d’échange dès la préhistoire, la région voit son importance stratégique dans le domaine des transports confirmée avec la construction de la première route en macadam au pays en 1832 entre Saint-Constant et la frontière américaine.

La position avantageuse de La Prairie se confirme avec la construction de la première voie de chemin de fer par la Champlain & St Lawrence en 1836 entre La Prairie et Saint-Jean-sur-Richelieu. Une impulsion nouvelle est alors donnée à l’économie régionale.

La présence d’Exporail, le Musée ferroviaire canadien dans la région n’est pas le fruit du hasard. Le musée est un lieu de préservation et de mise en valeur de la plus importante collection ferroviaire au Canada et l’une des plus complètes en Amérique du Nord.

En route vers l’industrialisation

Fonds John Loye, Exporail, Le Musée ferroviaire canadien

Entre industrie et villégiature

1880 - 1950

Dès 1880, le rattachement au réseau ferroviaire du Grand Tronc favorise l’industrialisation de l’économie locale, notamment par le développement d’importantes briqueteries à La Prairie et à Delson.

Parallèlement à l’industrialisation, la fin du 19e et le début du 20e siècle sont marqués par l’arrivée de nombreux estivants fuyant le vacarme des villes pour s’imprégner du charme bucolique des paysages riverains de la région. Les villes de Châteauguay, Sainte-Catherine et Léry sont alors des destinations prisées pour la villégiature.

Entre industrie et villégiature

BAnQ, CP 025597 CON

Modernisation et urbanisation

1950 - Aujourd’hui

Dans la deuxième moitié du 20e siècle, l’inauguration de la voie maritime du Saint-Laurent et la construction de voies autoroutières modifient le paysage régional. Comme ailleurs en Amérique du Nord, les villages agricoles à proximité des centres urbains se transforment rapidement en banlieues modernes, ce qui n’empêche nullement la région de conserver son caractère distinctif.

Depuis les années 1970, d’importantes recherches révèlent la richesse du patrimoine archéologique de la région. Fondé en 2013, le Musée d’archéologie de Roussillon, situé au cœur du site patrimonial déclaré de La Prairie, conserve, diffuse et met en valeur l’imposante collection archéologique mise à jour dans la MRC.

Si la région a un passé riche, elle est résolument tournée vers l’avenir. En effet, la MRC de Roussillon met au cœur de ses préoccupations la qualité de vie de ces citoyens, faisant d’elle un lieu propice pour prendre racine. C’est donc à la génération d’aujourd’hui d’écrire l’histoire de Roussillon!

Modernisation et urbanisation
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