Dans Roussillon, l’agriculture n’est pas qu’un secteur économique : c’est une force structurante du territoire. Dans notre MRC, la zone agricole couvre 73 % du territoire et accueille une diversité d’entreprises qui contribuent à la vitalité économique régionale.
On y retrouve des productrices et producteurs agricoles, des entreprises de transformation et un réseau étendu de commerces alimentaires. À cela s’ajoute le réseau HRI (hôtellerie, restauration et institutions), qui constitue un maillon essentiel de la chaîne alimentaire.
Comme ailleurs en Montérégie, le territoire se caractérise par la rencontre entre deux réalités : une agriculture dynamique et un vaste bassin de consommateurs et consommatrices. Plus de 200 000 personnes vivent dans Roussillon, au cœur d’une région qui en compte près de 1,5 million.
Des productions maraîchères aux céréalières, en passant par l’élevage, la diversité des productions témoigne du dynamisme agricole du territoire. En plus de la production alimentaire, l’agriculture façonne le paysage, structure l’occupation du territoire et contribue à la vitalité économique, sociale et environnementale des communautés.
Pour soutenir ce développement à long terme, la MRC s’appuie sur un Plan de développement de la zone agricole (PDZA).
Le PDZA, une vision municipale pour structurer l’agriculture
Le PDZA est un outil de planification que les MRC utilisent pour orienter le développement agricole et agroalimentaire de leur territoire.
Il permet de brosser un portrait du secteur agricole et du système alimentaire - de la ferme à la table - d’identifier les enjeux et de définir des actions concrètes pour soutenir les entreprises et valoriser le potentiel du territoire.
Dans Roussillon, un premier PDZA en 2012 a permis de rassembler les productrices et producteurs, les partenaires du milieu et les institutions autour d’une vision commune. Adopté en 2019, le deuxième PDZA est venu actualiser cette vision en réponse à l’évolution du secteur. Depuis, les actions se concentrent notamment sur l’accès aux terres, la relève agricole, l’agroenvironnement et le développement de la mise en marché de proximité.
Pour la MRC, le PDZA agit comme un cadre de référence municipal qui permet d’arrimer l’agriculture, l’agroalimentaire et l’alimentation aux autres planifications territoriales, notamment le Schéma d’aménagement et le Plan climat.
Des actions qui soutiennent concrètement les entreprises
Au cours des dernières années, la mise en œuvre de la 2e édition du PDZA a permis de déployer plusieurs initiatives visant à :
- Accompagner les entreprises agricoles dans leurs projets de développement;
- Soutenir la relève agricole et le transfert d’entreprises;
- Rapprocher la production agroalimentaire de la consommation alimentaire sur le territoire;
- Favoriser des pratiques agroenvironnementales durables.
Ces initiatives offrent aux entreprises un meilleur accompagnement et favorisent la création de partenariats.
Certains projets structurants comme le HUB agroalimentaire et le projet de Maillage Montérégie-Ouest, contribuent notamment à créer des occasions d’affaires en rapprochant les secteurs de la production, de la transformation et des marchés locaux.
Pour les entrepreneurs agricoles, ces initiatives favorisent la création de liens d’affaires et l’accès à de nouveaux débouchés pour les produits du territoire.
Un secteur agricole bien présent sur le territoire
Le territoire compte environ 175 entreprises agricoles, auxquelles s’ajoutent des entreprises de transformation et de nombreux commerces alimentaires.
Le territoire se distingue toutefois par l’importance de son marché alimentaire local. Les nombreuses écoles, CPE, résidences pour aînés, restaurants et commerces spécialisés représentent autant de lieux où des aliments sont achetés ou consommés chaque jour.
La production de fruits et légumes, le maraîchage, y occupe une place importante : elle génère près de 50 % des revenus agricoles, alors qu’elle occupe à peine 15 % de la superficie cultivée.
La diversité des productions constitue l’une des forces du territoire. On y retrouve notamment des productions maraîchères, serricoles et acéricoles, ainsi que des productions de céréales, principalement de maïs et de soya. Quelques productions animales sont également présentes, dont des fermes laitières, une production d’œufs et quelques élevages porcins.
Une grande partie de la production agricole, notamment les céréales, le lait, le porc et les œufs, s’inscrit toutefois dans des filières de mise en marché organisées qui dépassent l’échelle locale.
Là où la MRC peut jouer un rôle plus direct, c’est dans le développement de la mise en marché de proximité, par exemple pour les fruits et légumes et certaines productions à plus petite échelle comme le sirop d’érable ou le miel.
La relève agricole demeure également un enjeu important. Le service de jumelage aspirants-cédants L’Arterre facilite l’accès à la terre et l’intégration de nouveaux entrepreneurs agricoles, y compris des aspirantes et aspirants non apparentés au milieu agricole. Rappelons que 46 % des jeunes installés en agriculture depuis moins de cinq ans ont démarré une nouvelle entreprise plutôt que de reprendre une ferme familiale.
Préparer la prochaine étape
Le développement agricole est une démarche continue. Les réalités du secteur évoluent rapidement et les outils de planification doivent s’adapter.
La MRC amorce actuellement une démarche de mobilisation qui mènera à l’élaboration d’un nouveau PDZA. Cette nouvelle planification devra tenir compte de plusieurs enjeux majeurs : la relève agricole, l’accès aux terres, l’adaptation aux changements climatiques, la pression sur le territoire agricole et l’alimentation de la population dans une perspective de renforcement de l’autonomie alimentaire.
Face à ces enjeux, trois leviers se démarquent : optimiser l'accès aux terres, diversifier les sources de revenus et renforcer la mise en marché de proximité. S'adapter, c'est assurer sa pérennité.
Bâtir ensemble l’autonomie alimentaire
Le territoire possède tous les ingrédients pour renforcer son autonomie alimentaire : des productrices et producteurs engagés, un réseau d’entreprises agroalimentaires dynamique, un vaste marché local et, surtout, un marché de plus de 200 000 personnes!
En continuant de structurer ces liens entre producteurs, transformateurs et acheteurs, il devient possible de construire un système alimentaire territorial solide, capable de nourrir la population tout en faisant prospérer l’économie locale.
Nourrir sa population, c’est aussi renforcer son économie et son territoire.
Frédéric Paré
Conseiller en développement agroalimentaire
