Le tourisme, ce ne sont pas seulement des attraits : c’est aussi un moteur économique à part entière. Derrière les paysages et les expériences qui attirent les visiteurs et visiteuses, se cache une réalité bien concrète : des revenus, des emplois et un écosystème d’entreprises locales qui contribuent à la vitalité du territoire.
Au Québec, le tourisme a généré plus de 25 milliards de dollars de PIB en 2023, soit près de 4,8 % de l'économie. Il s'agit de la quatrième activité d'exportation de la province, attirant des revenus provenant d'ailleurs au Canada et à l'international.
Comment cette contribution se concrétise-t-elle dans nos régions?
La Montérégie : une région touristique dynamique
En 2023, les secteurs associés au tourisme en Montérégie ont généré près de 2,9 milliards de dollars de PIB, selon l’Institut de la statistique du Québec. Cette contribution place la région parmi les acteurs économiques significatifs du tourisme au Québec.
Cette performance repose sur une offre diversifiée combinant nature, culture, gastronomie et activités de plein air, ainsi que sur la proximité du marché métropolitain. La Montérégie bénéficie d’un positionnement stratégique qui favorise les excursions et les séjours de courte durée.
Le cyclotourisme représente bien cette dynamique. Avec plus de 600 kilomètres de voies cyclables réparties sur 12 réseaux, la région s’est progressivement imposée comme un territoire attractif pour les cyclistes. Les études estiment que cette activité génère plusieurs centaines de millions de dollars en dépenses touristiques annuelles et contribue au maintien de plus de 2 000 emplois en Montérégie (Raymond Chabot Grant Thornton et Léger, 2024).
Ces données illustrent comment une activité touristique structurée peut contribuer de manière tangible à l’économie régionale.
Un levier économique pour les entreprises locales
Lorsqu’une personne se déplace dans une région pour une activité, un séjour ou une escapade d’une journée, elle consomme plusieurs services : restauration, hébergement, commerces, activités culturelles ou de plein air. Ces dépenses constituent l’impact économique direct du tourisme.
Cependant, les retombées ne s’arrêtent pas là.
Les entreprises touristiques s’approvisionnent auprès de partenaires locaux, recourent à des services professionnels, investissent dans l’entretien et l’amélioration de leurs installations. Ces activités génèrent des retombées économiques indirectes dans des secteurs parfois éloignés du tourisme traditionnel.
À cela s’ajoute l’impact induit : les emplois soutenus par l’activité touristique créent des revenus qui circulent dans l’économie locale. Les salaires versés se traduisent par une consommation accrue dans d’autres commerces et services du territoire, contribuant ainsi à renforcer l’écosystème entrepreneurial local.
Le tourisme joue également un rôle dans la diversification économique. Pour plusieurs territoires, il constitue un secteur complémentaire qui permet de réduire la dépendance à un nombre limité d’industries et d’accroître la résilience économique.
Au-delà des chiffres, le tourisme peut soutenir le maintien d’une offre commerciale et de services dont bénéficient directement la population et les entreprises : restaurants, commerces spécialisés, infrastructures de loisirs, événements culturels. Une région attractive pour les visiteuses et visiteurs est souvent aussi un milieu de vie plus dynamique pour sa population et plus attrayant pour les talents et les investisseurs.
Enfin, les investissements liés au développement touristique — aménagements, signalisation, infrastructures cyclables, espaces publics — contribuent à améliorer le cadre de vie et à renforcer l’image du territoire. Cette attractivité peut avoir des effets positifs sur la valeur perçue du territoire et sur sa capacité à attirer de nouvelles initiatives économiques.
Structurer le tourisme pour faire rayonner le territoire
Une destination où les attraits sont bien connectés, où l’information est claire et où les parcours sont cohérents favorise non seulement la fréquentation, mais aussi la circulation des visiteuses et visiteurs d’un commerce à l’autre. À l’inverse, une offre dispersée limite la durée des séjours et la portée des retombées économiques.
C’est dans cette perspective que la MRC de Roussillon annonçait, lors de l’événement Destination Prospérité du 17 mars 2025, un investissement de 3,5 M$ dans son Projet Signature innovation « La plus grande cour en ville ». L’objectif : structurer une offre touristique forte, accroître la visibilité du territoire et renforcer le sentiment d’appartenance des citoyens.
Concrètement, cette vision se déploie à travers des actions structurantes : développement du cyclotourisme, création de circuits culturels et déploiement d’outils de promotion. Parmi les projets phares, la piste cyclable du Pré ferré – la véloroute de Roussillon RS, déployée par phases et intégrée à la Route verte, illustre cet effort soutenu.
Le Pré-Ferré en bref
- Véloroute structurante sur le territoire de Roussillon
- Projet de 3,5 M$ déployé par phases
- Intégré à la Route verte no 3
- Aménagement de haltes culturelles pour enrichir l’expérience
- Lauréat du prix Accueil et expérience visiteurs – Tourisme Montérégie (2026)
Ce projet d’envergure combine infrastructures et haltes culturelles pour enrichir l’expérience et mettre en valeur l’identité du territoire.
Dans cette logique, le tourisme devient un levier collectif. Plus l’offre est intégrée et cohérente, plus les retombées bénéficient à l’ensemble des acteurs économiques du territoire.
Pour les entreprises locales, ces initiatives se traduisent concrètement par plus d'achalandage, des séjours prolongés et davantage d'occasions d'affaires.
Dans la MRC de Roussillon, le tourisme ne se limite pas à l’expérience offerte: il contribue directement à structurer un environnement économique dynamique au bénéfice des entreprises et de la collectivité.
Un territoire qui attire génère des retombées, stimule son économie et renforce son attractivité.
Julie Payeur
Chargée de projet en tourisme
