
Démystifier l'économie sociale : entreprendre avec et pour le territoire
Fonctionnement des entreprises d'économie sociale : modèle d'affaires, gouvernance et retombées sociales et économiques dans Roussillon.
Alors que plusieurs entrepreneurs approchent la retraite, la reprise d’entreprise s’impose comme une avenue stratégique pour assurer la continuité des PME et du tissu économique local.
Partout au Québec, un nombre croissant d’entreprises approche un moment charnière de son développement : le passage à une nouvelle relève entrepreneuriale.
Sur le territoire de la MRC de Roussillon, cette réalité concerne des entreprises de tous les secteurs. Des entreprises agricoles aux PME industrielles, en passant par les commerces, le tourisme, les organisations d’économie sociale ou les entreprises innovantes, la question de la relève devient tôt ou tard incontournable.
Pendant longtemps, l’entrepreneuriat a été associé principalement à la création d’entreprise. Pourtant, un autre phénomène prend de plus en plus d’importance : la reprise d’entreprises existantes, que l’on appelle aussi le repreneuriat.
Entre 2015 et 2021, près de 52 000 entreprises ont été transférées au Québec, soit environ 7 400 par année. Ces transitions impliquent chaque année des milliers d’entrepreneurs qui choisissent de reprendre une entreprise déjà établie plutôt que de partir de zéro.
Dans la MRC de Roussillon, on estime qu’environ une centaine d’entreprises de moins de 20 employés changeraient de propriétaire chaque année. Derrière ces chiffres se trouvent des entreprises bien ancrées dans leur milieu, qui contribuent à l’emploi, à l’activité économique locale et à la vitalité de nos communautés.
La question de la relève entrepreneuriale dépasse largement la situation d’une seule entreprise. Elle touche directement la vitalité économique des territoires.
Sur le territoire de la MRC de Roussillon, le tissu économique repose principalement sur des PME et des très petites entreprises (TPE) présentes dans une grande diversité de secteurs, dont l’agriculture, l’industrie, le commerce, les services, le tourisme et l’économie sociale.
Au Québec, les PME représentent la très grande majorité des entreprises. Pourtant, plusieurs dirigeants et dirigeantes d’entreprises approchent l’âge de la retraite sans plan formel pour assurer la continuité de leur organisation.
Selon l’Indice entrepreneurial québécois, seulement environ 42 à 43 % des propriétaires d’entreprise ont identifié une succession, ce qui signifie que plus de la moitié des entreprises n’ont pas encore préparé leur relève.
Dans ce contexte, la préparation du transfert devient un enjeu stratégique. Lorsqu’une entreprise cesse ses activités faute de repreneur, ce sont non seulement des emplois qui disparaissent, mais aussi une expertise, des relations d’affaires et un savoir-faire souvent construit sur plusieurs années.
À l’inverse, chaque entreprise transmise avec succès permet de préserver un tissu économique existant, tout en ouvrant la porte à une nouvelle phase de développement.
Créer une entreprise demeure une aventure stimulante. Mais reprendre une entreprise existante permet souvent d’aller plus vite, avec des bases déjà solides.
D’abord, le repreneur bénéficie d’une organisation déjà en activité. L’entreprise possède généralement une clientèle établie, des fournisseurs, une équipe et des processus opérationnels en place. Ces éléments réduisent une partie de l’incertitude qui accompagne souvent les premières années d’un démarrage.
La reprise permet également de s’appuyer sur une expertise déjà développée au sein de l’entreprise. Dans plusieurs secteurs, cette expérience accumulée constitue un actif précieux.
Sur le plan financier, même si l’acquisition d’une entreprise demande un investissement important, la présence d’historique financier et de revenus existants peut faciliter l’accès au financement.
Mais le repreneuriat ne consiste pas seulement à poursuivre ce qui existe déjà. Pour plusieurs entrepreneurs, il représente aussi une occasion d’insuffler une nouvelle vision : modernisation des équipements, transformation numérique, développement de nouveaux marchés ou diversification des activités.
Dans bien des cas, la reprise d’entreprise devient ainsi un accélérateur entrepreneurial.
Malgré ces avantages, la reprise d’une entreprise demeure une étape complexe qui demande du temps, de la préparation et un accompagnement adapté.
Pour l’entrepreneur qui cède son entreprise, la transition représente souvent un moment important sur le plan personnel. L’organisation a parfois été construite pendant plusieurs décennies et constitue une partie importante de son identité professionnelle et personnelle.
Pour le repreneur, le défi consiste à s’approprier une entreprise qui possède déjà son histoire et ses pratiques. La crédibilité du nouveau dirigeant se construit progressivement, auprès du personnel, des partenaires et de la clientèle.
La dimension financière constitue également un élément central de la transition. L’acquisition d’une entreprise implique souvent des montages financiers qui combinent différentes sources de financement.
Enfin, la transition soulève une question stratégique essentielle : comment assurer la continuité de l’entreprise tout en lui permettant d’évoluer?
Dans plusieurs reprises réussies, l’équilibre se situe entre ces deux approches. Le repreneur consolide d’abord les forces existantes avant d’amorcer les transformations nécessaires pour assurer le développement futur de l’organisation.
Les projets de relève mobilisent souvent plusieurs expertises : financières, juridiques, stratégiques et organisationnelles.
Dans la MRC de Roussillon, l’équipe Prospérer RS accompagne les entrepreneurs dans cette réflexion et les aide à structurer leur démarche.
Concrètement, cet accompagnement peut prendre plusieurs formes. Par exemple, une entreprise qui envisage un transfert peut être accompagnée, en toute confidentialité, pour structurer sa réflexion sur la relève, analyser différents scénarios de transition ou identifier les partenaires financiers et professionnels qui interviendront dans le processus.
Un entrepreneur qui souhaite reprendre une entreprise peut également être soutenu dans l’analyse du projet, l’identification des ressources disponibles et l’élaboration de son montage financier.
Le repreneuriat repose sur un accompagnement structuré et l’accès à des ressources adaptées. Sur le territoire, différents leviers peuvent être mobilisés pour soutenir les entrepreneurs à chaque étape de leur démarche.
L’équipe de Prospérer RS accompagne les entreprises dans l’identification d’occasions de reprise, le maillage avec les bons partenaires et la mobilisation de solutions de financement, incluant des fonds locaux et des aides financières.
Selon les besoins, un accompagnement complémentaire peut également être offert, notamment lors des premières étapes de la transition.
L’équipe veille également à orienter les entrepreneurs vers les ressources les plus pertinentes et à assurer une cohérence dans l’ensemble de la démarche.
La transmission d’une entreprise est souvent perçue comme la conclusion d’un parcours entrepreneurial. En réalité, elle marque surtout le début d’un nouveau chapitre.
Pour le cédant, il s’agit de transmettre un patrimoine entrepreneurial et de s’assurer que l’entreprise poursuivra son développement.
Pour le repreneur, c’est l’occasion de bâtir sur une base solide afin de poursuivre l’évolution de l’organisation.
Pour le territoire, chaque reprise d’entreprise contribue à maintenir l’activité économique, préserver les emplois et assurer la continuité d’organisations qui participent directement à la vitalité des communautés.
Dans une région dynamique comme la MRC de Roussillon, où l’entrepreneuriat joue un rôle important dans le développement économique, la préparation de la relève devient donc un enjeu collectif.
Et plus cette réflexion s’amorce tôt, plus les options demeurent nombreuses pour les entrepreneurs comme pour le milieu.
Reprendre une entreprise, c’est aussi faire grandir un territoire.
Josyane Desjardins
Directrice du développement économique | Prospérer RS